N’attendez pas pour vous faire appareiller

Les patients ont toujours une bonne raison pour justifier le fait de ne pas avoir réagit plus rapidement à leur perte auditive.

Il faut alors leur expliquer qu’ignorer la déficience auditive ne la fera pas disparaître, et que bien au contraire cela peut entraîner des conséquences souvent fâcheuses.

De nouveaux éléments (tirés de récentes études pratiquées par d’imminents scientifiques) viennent confirmer cette affirmation et soutiennent le discours des audioprothésistes, à savoir : ne pas attendre pour effectuer un bilan auditif gratuit et, si ces tests montrent en effet une perte d’audition, ne pas attendre pour aller discuter des solutions de traitement avec un professionnel.

Ces études montrent clairement que la perte auditive n’affecte pas seulement la capacité d’entendre correctement la télévision ou la manière de communiqué avec les autres.

Il peut y avoir de graves conséquences pour l’atrophie du cerveau et la fonction cognitive.

La perte auditive et le fonctionnement du cerveau sont étroitement liés. « Laisser traîner » une perte auditive affecte clairement la fonction cognitive.

A l’image de la kinésithérapie qui permet de restaurer un muscle ou une articulation endommagé, il a été prouvé également que l’utilisation de prothèses auditives permettait d’obtenir des améliorations chez les personnes ayant eu ce déclin cognitif à la suite d’une déficience auditive non traitée.

Une étude récente menée par l’université de Pennsylvanie, dont les résultats ont été publiés en Août 2011, montre qu’un déclin de la capacité auditive peut accélérer atrophie de la matière grise dans l’aire auditive du cerveau.

Ce rétrécissement du cerveau dans  les zones importantes pour la compréhension auditive augmente l’effort requis aux personnes concernées pour comprendre une conversation.

Cet effort supplémentaire peut donc avoir des effets collatéraux pour les personnes âgées dont l’énergie est limitée.

L’étude a révélé que les personnes ayant une perte auditive ont en parallèle une perte d’activité cérébrale à l’écoute de phrases complexes (mesures effectuées par IRM )

Les sujets ayant une perte sévère ont également moins de matière grise dans le cortex auditif, ce qui suggère que les zones du cerveau liées au traitement auditif présentent une atrophie accélérée en cas de baisse des capacités auditives.

La déficience auditive entraîne donc un cercle vicieux au niveau des processus neuronaux soutenant à la fois la perception et la cognition.

Et comme les capacités auditives diminuent avec l’âge, il est important de voir les appareils auditifs non seulement comme un moyen d’améliorer le confort et la sociabilité, mais également comme un moyen de préserver le cerveau.